Quand on pense aux maillots de football, on imagine généralement les couleurs traditionnelles d’un club ou d’une nation. C’est une identité qui se reflète à travers la tunique des joueurs. Mais pour le poste de gardien de but, qui doit porter un maillot différent de celui de ses coéquipiers, ce n’est pas la même histoire…
Certes, aujourd’hui les maillots « third » ou même « fourth » font parfois figure d’exceptions, arborant des couleurs non assimilées au club dans un but marketing. Mais les rois des couleurs criardes, des motifs farfelus et des designs improbables, c’est les maillots de gardien ! La légende raconte qu’il serait plus difficile pour l’attaquant de tirer à côté d’une couleur vive lors des duels rapprochés. Les années 90 et 2000 sont l’apogée des maillots de gardien les plus fous que le football ait connu, la réglementation se voulant plutôt laxiste sur ce sujet à l’époque. Des figures populaires comme Jorge Campos, qui dessinait lui-même ses maillots, Rogério Ceni ou encore Jérémie Janot ont popularisé l’idée de jouer avec des tuniques à leurs goûts et à leur image. Mais aussi bien souvent les équipementiers, qui affublaient les gardiens du monde entier de templates aux motifs douteux.
Pour le plaisir des yeux, voici une compilation des maillots de gardien les plus fous et inattendus :
Jorge Campos
On vous a déjà parlé du petit gardien mexicain qui dessinait lui-même ses maillots dans un autre article, son style c’est le fluo et les motifs géométriques…





Rogério Ceni
Le légendaire gardien brésilien de São Paulo, multiple recordman : buts marqués par un gardien, victoires et matchs disputés avec une seule équipe, est un poil mégalo. Il se met en scène sur ses propres maillots, au volant d’engins furieux.






Fabien Cool – Auxerre 2003/04
Au-delà de son patronyme formidable, le gardien est le joueur le plus capé d’Auxerre (467 apparitions) et détient le record du nombre de matchs consécutifs en première division française (306). Lors de la saison 2003/04, il dégaine un maillot qui fait honneur à un artiste alors très populaire : Roy Lichtenstein, figure majeure du pop-art. Bonus, il est orné d’un sponsor Playstation 2.


Yoshikatsu Kawaguchi – Japon 1998
La Coupe du Monde 1998 en France n’aura pas été avare en maillots cultes : Mexique, Croatie, Jamaïque, France, Tunisie… mais celui qui a remporté le concours haut la main c’est clairement le gardien japonais. Ses maillots « flammes » ont éblouis les spectateurs et restent aujourd’hui parmi les plus recherchés des collectionneurs.


Bodo Illgner – Köln 1992/93
Le célèbre portier allemand, premier gardien réalisant un clean sheet sur une finale de Coupe du Monde en 1990, a porté de nombreux templates originaux lors de sa carrière. Avec Cologne, son club de coeur, il porte lors de la saison 1992/93 un maillot qui évoque les vieux jeux-vidéos ambiance « Tron » ou les couvertures des vhs.


Jérémie Janot – Saint-Étienne
L’iconique gardien stéphanois des années 2000 avait un goût prononcé pour l’excentricité. Tatouage tribal sur l’arrière du crâne, il profite d’une bonne entente avec l’équipementier Duarig de l’ASSE pour faire réaliser des maillots improbables. Spiderman, tigre, camouflage militaire, maillot à pois… ses tenues vont marquer les esprits des suiveurs de la Ligue 1.






José Luis Chilavert – Vélez Sarsfield 1996
La star paraguayenne, qui sera candidat sans succès à l’élection présidentielle de son pays en 2023, était un véritable mur dans les cages. Egalement souvent buteur, il est le seul gardien de l’histoire à avoir inscrit un triplé. En 1996, il arbore un maillot « bouledogue », probablement intimidant pour les adversaires.


Mark Bosnich – Australie 1996 & 1993
En 1996, adidas sort un template de gardien sublime, impression « constellation ». Plusieurs gardiens célèbres l’ont porté, dont Rogério Ceni avec São Paulo, mais c’est bien le gardien australien qui l’a rendu culte en sélection. En bonus, en 1993 il porte un maillot style « coulures de peinture » digne d’une oeuvre d’art.



Cláudio Taffarel – Parme 1991/92
Monument du football brésilien, le gardien débarque en Europe en 1990. Il fera parti de l’effectif de Parme qui remportera son premier trophée européen, la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Il aura eu sur les épaules quelques motifs sympas, mais celui qui a retenu notre attention c’est celui version « empreinte digitale » de la saison 1991/92.


Marco Pascolo – Suisse 1994
Le gardien suisse réalise son rêve en disputant la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis. L’équipementier lotto va lui offrir une tenue qui ne pourrait pas plus contraster avec l’ennuyeux maillot de ses coéquipiers !



Les designs improbables de tous ces maillots de gardien ont peu à peu disparus avec des réglementations plus strictes et des goûts plus classiques du public. Pendant des années les portiers du monde entier se sont vu attribués des templates médiocres avec une couleur vive mais aucune réflexion artistique. Les supporters les boudent donc très largement dans les boutiques de sport et quasiment aucun enfant ne va porter un maillot de gardien et s’en inspirer. C’est bien dommage, car ces maillots uniques pourraient représenter une opportunité marketing immense pour les équipementiers et ravir les fans et adeptes de mode ! On commence à voir un effort fourni par les marques mais dans des proportions encore trop anecdotiques. A défaut, certains gardiens se rabattent parfois sur la tenue des joueurs de champ opposée à celle portée, le maillot extérieur quand les coéquipiers portent le domicile et vice-versa.
A bientôt pour une deuxième partie !

