Juin 1978, la France dispute une Coupe du Monde argentine très controversée et riche en scandales. Les coéquipiers de Marius Trésor et du jeune Michel Platini sont déjà éliminés après les deux premiers matchs de la phase de poule mais doivent disputer la dernière rencontre face à la Hongrie. Cependant, dans le tunnel pour accéder à la pelouse, l’arbitre de la rencontre réalise que les deux équipes portent un maillot blanc…
Cette Coupe du Monde 1978 est un véritable désastre à tous points de vue. Les Bleus du sélectionneur Michel Hidalgo – victime d’une tentative d’enlèvement la veille du départ de l’équipe de France pour l’Argentine – subissent deux revers dans un groupe extrêmement relevé. Le premier face à l’Italie où les joueurs français étaient peut être plus concentrés sur la négociation de leurs primes avec l’équipementier adidas qui fournissaient les crampons (ils peindront les célèbres bandes blanches en noir en signe de protestation) que sur leur jeu. Le second revers, contre le pays hôte l’Argentine, bien aidé par l’arbitrage, vient doucher les espoirs français. La France, pourtant composée d’une farandole de stars talentueuses, se retrouve éliminée piteusement avant même le 3ème match de poule face à la Hongrie, évincée également. Mais il faut tout de même jouer le match, essayer de laver l’honneur.
Les Bleus quittent Buenos Aires pour Mar del Plata où se joue la rencontre. Les joueurs se changent et rejoignent le tunnel du stade. Mais l’arbitre à l’oeil et demande aux français d’ouvrir leur veste de survêtement avant d’entrer sur la pelouse. Catastrophe, ils portent leur maillot extérieur blanc, tout comme celui des hongrois ! C’est une erreur de l’intendant de l’équipe de France, qui a laissé les maillots domicile bleus à Buenos Aires à 400km de là. La rencontre est sur le point de démarrer, il faut impérativement trouver une solution rapidement. Les hongrois proposent leur maillot domicile rouge mais leur gardien qui porte cette tunique refuse catégoriquement. Un groupe de locaux part précipitamment en motos écumer la ville afin de trouver un maillot coloré. Ils reviennent avec un joli maillot rayé vert et blanc emprunté à un petit club de pêcheurs locaux, le Club Atlético Kimberley. L’arbitre valide et le match démarre avec 45 minutes de retard devant un public impatient et très surpris de voir les Bleus jouer en vert et blanc ! Et ce pour le plus grand bonheur des stéphanois de l’équipe, notamment l’Ange vert, Dominique Rocheteau, auteur du 3ème but français. La France s’imposera finalement 3-1 dans un maillot unique, véritable pièce collector.
Presque 50 ans plus tard, les Bleus devraient à nouveau disputer une rencontre de Coupe du Monde en vert ! En effet pour le Mondial 2026 aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, Nike qui équipe les français, a prévu un maillot extérieur vert. Il doit faire référence à la couleur de la Statue de la Liberté, lien fort entre les USA et la France, et sa fameuse patine vert-de-gris. Une entorse aux couleurs traditionnelles de l’équipe de France, qui à l’exception de ce prêt de maillot en 1978, ne joue qu’en bleu, blanc ou rouge.






