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L’AFFAIRE DES FAUX PASSEPORTS 🪪⚽

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La saison 2000/01 de première division française va être le théâtre d’un des plus gros scandales du football tricolore et restera comme l’une des plus confuses, le classement final étant établi cinq semaines après la dernière journée de championnat ! Retour sur « l’affaire des faux passeports », une histoire rocambolesque.

La fin des années 90 marque une véritable révolution dans le football, avec l’arrêt Bosman. Celui-ci permet aux clubs de football de l’Union Européenne d’aligner un nombre illimité de joueurs étrangers possédant la nationalité d’un état membre de l’UE contre seulement 3 auparavant. Cela va complètement redéfinir le marché des transferts et bouleverser le football européen, lui permettant de devenir le plus attractif du monde. Cependant, les joueurs ne possédant pas de passeport européen sont eux limités à 3 par équipes alors que des talents du monde entier, notamment d’Amérique du Sud, représentent des opportunités sportives et financières particulièrement intéressantes.

L’affaire des faux passeports prend racine lors de la saison 1999/2000, d’abord en Italie où certaines stars du championnat, comme Verón, Recoba et Dida, sont soupçonnées d’usage de faux par la justice. C’est un réseau important qui se dessine dans toute l’Europe, impliquant dirigeants, agents, joueurs, administrations de pays et organisations criminelles. Le scandale se répand au Luxembourg et au Portugal qui annonce le vol de nombreux passeports dans ses consulats.

La saison 2000/01 démarre normalement en France, jusqu’au mois de septembre et le fameux derby entre Lyon et Saint-Étienne. Le président lyonnais Jean-Michel Aulas avertit son homologue stéphanois qu’il portera réclamation si les brésiliens Aloísio et Alex Dias sont alignés. Renseigné par l’agent d’Edmílson, il les accusent d’évoluer avec des faux passeports portugais. Le président de l’ASSE, Alain Bompard, dément mais les deux joueurs ne sont pas présents pour le match. L’un est blessé suite au dernier match, mais l’autre est ménagé, soit-disant en partance pour le Bétis Séville, alors que le marché des transferts est fermé depuis une semaine… Saint-Étienne va ensuite connaître une crise de résultats et licencier son entraîneur Robert Nouzaret. Mais ce dernier va rebondir à Toulouse, et à l’approche de la confrontation face à son ancienne équipe il dénonce une fraude sur les papiers d’Alex Dias et Maxym Levytsky (Aloísio étant toujours blessé et indisponible).
C’est finalement au mois de décembre que le président de la Ligue annonce que tous les passeports étrangers des deux premières divisions françaises vont être vérifiés. Les passeports d’Alex Dias, d’Aloísio et du gardien ukrainien Levytsky sont des faux, ainsi que ceux du monégasque Contreras, du messin Mondragón et du strasbourgeois Garay. S’ensuit une deuxième partie de saison chaotique, de nombreux clubs portant réclamation sur des résultats passés quand les impliqués contestent eux toute décision à leur encontre, se plaçant en victimes également. Monaco transfère son joueur, le contrat du stéphanois Levytskyy est rompu (il laisse sa place à l’excentrique Jérémie Janot) et les autres écopent de suspensions par la Ligue. Les commissions juridiques et d’appels se répondent et les résultats des matchs ne cessent d’être changés, donnant un classement particulièrement difficile à suivre !

Au final, la justice française prononce de nombreuses sanctions à l’encontre des différents protagonistes de l’affaire, avec des amendes et interdictions de territoire pour les joueurs concernés et de la prison pour l’agent brésilien des deux stéphanois et le responsable du recrutement de l’ASSE. Au niveau du championnat de France, le classement est définitif le 1 juillet 2001 après d’innombrables modifications, plus de deux mois après la dernière journée de première division. 25 ans après Hampden Park, l’ASSE se retrouve relégué sportivement malgré l’annulation des 7 points de pénalité.
Tirant les conséquences de cette saison hors-norme, la Ligue va revoir son règlement quant aux extra-communautaires et autoriser les joueurs issus de pays ayant signé un accord de partenariat avec la France, correspondant à l’immense majorité des cas. C’est ainsi que se clôture l’un des chapitres les plus noirs du football français.

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